«En 2011 je filmais mon frère sur une portion de la Route des
Laves à Saint Philippe à l’Île de la Réunion pour le film Route des Laves. En 2019, mon frère et moi y sommes retournés ensemble
pour y confronter un horizon fantasmé il y a neuf ans, à la réalité d’un jeune homme s’apprêtant à quitter son île natale pour les
grandes métropoles de l’hémisphère nord.
Dans ce court film, l’enfant a grandi, tout comme le paysage
dans lequel il marche. Cette fois l’horizon n’est plus visible. On
le sent au creux de la lave, entouré. Ses gestes et ses pas sont
similaires à ceux que l’on voit dans Route des Laves, comme si il
existait une mémoire du geste, une sorte de transmission par le
paysage. À ces images s’ajoute une prise de son où l’on entend
la pluie sur la tôle du toit d’une maison ainsi que les rires et cris
d’enfants jouant sous la pluie donnant ainsi l’impression d’un
temps suspendu. Espace dans lequel les questions de l’ailleurs
et du moi peuvent se réinventer.»